lundi 3 avril 2017

Melilim Fu, vlogueuse beauté : « En Chine, c’est la qualité du contenu qui fait la différence »

Cet article a été commandé et publié par Premium Beauty News

          Travailler avec des influenceurs sur les médias sociaux est-il un bon moyen de gagner des parts de marché en Chine ? « L’utilisation de KOL (Key Opinion Leaders) peut y représenter plus de 30% des ressources marketing des marques internationales, et 80 % des ressources marketing des marques indépendantes qui sont nouvelles sur le marché chinois », affirme Kim Leitzes, fondatrice de ParkLU, une plate-forme de mise en relation entre les marques et les influenceurs chinois. Elle a présenté son activité lors du dernier China Connect, le rendez-vous annuel des acteurs de l’Internet en Chine qui s’est tenu début mars à Paris.
 Ayant pour thème « Crack the Codes », la conférence comptait parmi ses intervenants Melilim Fu (de son vrai nom 傅沛 Fu Pei), une KOL chinoise venue de Pékin avec son petit-ami et associé, Elijah Whaley, un Américain spécialiste de contenus marketing avec lequel elle a créé sa plate-forme de vidéos de maquillage.
Niche différentiante
Depuis août 2015, Melilim Fu a mis en ligne une trentaine de tutoriels make-up, une douzaine de live-streamings et un millier de photos. Cheveux teints en bleu ou rose, lentilles colorées, maquillage appuyé, Melilim Fu a choisi de se démarquer dans un univers de vidéos de beauté dominé par les Coréennes à la peau claire, et où les Chinoises sont encore peu nombreuses, selon elle. « Je suis make-up artist et même si mon inspiration peut venir de l’Occident ou du Japon, ma priorité et d’aider et conseiller les Chinoises qui découvrent le maquillage, et leur donner confiance en elle », précise Melilim Fu. Si, à ses débuts, ses vidéos pouvaient choquer des internautes chinoises plutôt adeptes de la discrétion, elles sont maintenant bien acceptées par une clientèle en rapide évolution. Les contacts avec son audience sont essentiels, insiste-t-elle. « Je réponds à toutes les questions, et les échanges peuvent être parfois très personnels. Ma génération - je suis née en 1991 - est constituée d’enfants uniques avides d’interactions. »
Sur Weibo, le Twitter chinois, Melilim Fu compte actuellement près de 175.000 fans. « Dès notre lancement, nous avons choisi d’utiliser Weibo comme plate-forme. C’était un pari qui s’est avéré gagnant car Weibo continue à gagner en popularité et WeChat [la messagerie mobile la plus utilisée en Chine avec ses nombreuses applications] reste un environnement difficile pour la distribution de vidéos UGC [1] », explique Elijah Whaley, qui souligne que « l’écosystème chinois de vidéos en ligne diffère totalement du reste du monde, qui dépend fortement de Google et Youtube. » Selon lui, aucune plate-forme de vidéos en Chine ne peut se comparer à Youtube en termes de popularité et d’algorithmes de recherche sophistiqués - LeTV, l’un des sites de vidéos les plus visités en Chine, n’acceptant même pas de vidéos UGC. Melilim Fu est présente sur WeChat sans disposer de compte officiel, ainsi que sur Instagram et Snapchat « pour expérimenter le côté ludique des filtres, sans chercher particulièrement une audience occidentale, mais plutôt les Chinois à l’étranger. »
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